Vous ressentez une douleur vive sur le côté du poignet, près de la base du pouce ? Saisir un objet ou simplement tourner votre poignet devient difficile ? Ces symptômes pourraient bien indiquer une tendinite de Quervain.
Cette pathologie est une inflammation courante des tendons du pouce. Heureusement, ce n’est pas une fatalité. Cet article vous explique clairement ce qu’est la tendinite de De Quervain, comment la reconnaître et quels sont les traitements efficaces pour vous soulager.
Qu’est-ce que la tendinite de De Quervain exactement ?
La tendinite de De Quervain est une inflammation des tendons du pouce, plus précisément au niveau de leur passage dans un tunnel fibreux situé sur le bord externe du poignet. Ce tunnel, appelé gaine synoviale, sert à lubrifier les tendons pour qu’ils glissent sans frottement.
Les deux tendons concernés sont le long abducteur et le court extenseur du pouce. Quand vous faites des mouvements répétés du pouce et du poignet, ces tendons peuvent frotter contre leur gaine. Ce frottement crée une inflammation : la gaine s’épaissit, le tunnel se rétrécit et les tendons ont du mal à coulisser. C’est ce conflit mécanique qui provoque la douleur.
Cette pathologie est aussi connue sous le nom de ténosynovite de De Quervain. On l’appelait autrefois la « maladie de la lavandière » car elle touchait les femmes qui tordaient le linge à la main toute la journée. Aujourd’hui, les causes ont changé mais le mécanisme reste le même.
Symptômes typiques et causes fréquentes
Les signes de la tendinite de Quervain sont assez clairs et centrés sur la zone du poignet et du pouce. Ils apparaissent généralement de manière progressive.
Les symptômes qui ne trompent pas
La gêne ressentie est souvent localisée au niveau du poignet, juste sous le pouce. Voici les symptômes les plus courants :
- Une douleur vive sur le côté externe du poignet, à la base du pouce.
- La douleur peut irradier vers l’avant-bras et le pouce.
- Un gonflement ou une sensibilité au toucher dans cette zone.
- Une difficulté à effectuer des mouvements de pince (tenir un stylo, une tasse).
- Une sensation de craquement ou de blocage lors des mouvements du pouce.
Qui est le plus à risque ? (Causes et facteurs favorisants)
Cette tendinite est avant tout une pathologie de sur-utilisation. Elle est souvent liée à des activités qui sollicitent beaucoup le pouce et le poignet. Les principaux facteurs de risque sont :
- Les gestes répétitifs : travail à l’ordinateur, utilisation intensive du smartphone, bricolage, jardinage, certains sports (tennis, golf).
- Les changements hormonaux : la grossesse et la période post-partum augmentent le risque, probablement à cause de la rétention d’eau et de la laxité des ligaments.
- Le sexe et l’âge : les femmes entre 40 et 50 ans sont les plus touchées.
- Le port de charges : porter un bébé de manière répétée est un facteur déclenchant classique.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic de la tendinite de Quervain est simple et se fait quasi exclusivement lors d’un examen clinique chez le médecin. Celui-ci vous posera des questions sur vos symptômes, vos activités et l’historique de votre douleur.
Le test de référence pour confirmer la pathologie est la manœuvre de Finkelstein. C’est un test très fiable qui met en tension les tendons enflammés. S’il déclenche une douleur vive, le diagnostic est presque certain.
- Placez votre pouce à l’intérieur de la paume de votre main.
- Refermez vos autres doigts par-dessus votre pouce pour former un poing.
- Inclinez doucement votre poignet vers le bas (vers votre petit doigt).
Dans la grande majorité des cas, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. Une échographie du poignet peut parfois être demandée pour confirmer l’inflammation des tendons et l’épaississement de la gaine synoviale, ou pour écarter une autre cause de douleur. La radiographie, elle, sert surtout à vérifier qu’il n’y a pas de problème osseux ou articulaire associé.
Quel traitement pour la tendinite de Quervain ?
Le but du traitement est de diminuer l’inflammation des tendons pour soulager la douleur et retrouver une bonne mobilité du pouce et du poignet. Il existe deux approches principales : le traitement médical, qui est toujours la première option, et le traitement chirurgical en cas d’échec.
| Option | Description | Pour qui ? | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|---|
| Traitement Médical | Combinaison de repos, port d’une attelle (orthèse) et anti-inflammatoires (locaux ou infiltration). | Pour tous les cas de tendinite de Quervain, en première intention. | Non invasif, simple à mettre en place, efficace dans 70-80% des cas. | Peut prendre plusieurs semaines, nécessite de la patience et une modification des activités. |
| Traitement Chirurgical | Petite intervention pour ouvrir la gaine synoviale et libérer les tendons. | Pour les formes chroniques et résistantes au traitement médical bien conduit (après 3-6 mois). | Résultat rapide et définitif, taux de succès très élevé (>95%). | Nécessite une anesthésie, une cicatrisation et un risque opératoire (très faible). |
Le traitement médical de première intention
Le traitement médical vise à mettre les tendons au repos pour stopper l’inflammation. Il repose sur plusieurs piliers :
- Le repos : Il faut arrêter ou adapter les mouvements qui déclenchent la douleur. Ce n’est pas une immobilisation totale, mais une mise au repos relative du pouce poignet.
- L’orthèse d’immobilisation : Le port d’une attelle sur mesure qui bloque le poignet et le pouce est très efficace. On la porte généralement la nuit et pendant les activités à risque la journée, pendant 3 à 6 semaines.
- Les anti-inflammatoires : Des médicaments par voie orale ou en application locale (crème, gel) peuvent aider à calmer la douleur et l’inflammation au début.
- Les infiltrations de corticoïdes : Si le repos et l’attelle ne suffisent pas, une infiltration de corticoïdes directement dans la gaine des tendons est souvent proposée. C’est un geste simple et très efficace pour diminuer l’inflammation. Une à deux infiltrations peuvent être nécessaires.
Quand envisager la chirurgie ?
L’intervention chirurgicale est réservée aux cas où la douleur persiste malgré un traitement médical complet et bien suivi pendant plusieurs mois. Si les infiltrations n’ont pas fonctionné ou si la gêne est trop importante, la chirurgie est une solution très fiable.
L’opération est rapide (15-20 minutes) et se fait le plus souvent en ambulatoire, sous anesthésie locale ou loco-régionale. Le chirurgien réalise une petite incision sur le côté du poignet pour ouvrir la gaine synoviale et libérer les tendons. Cela leur redonne de l’espace et supprime le conflit. La fermeture se fait avec quelques points de suture.
Suites opératoires et prévention des récidives
Après l’intervention, la récupération est généralement simple. La douleur liée au conflit des tendons disparaît immédiatement. Il reste la douleur de la cicatrisation, qui s’estompe en quelques jours. Un pansement est à garder une dizaine de jours.
Il est conseillé de bouger les doigts et le pouce rapidement pour éviter les raideurs. La reprise progressive des activités se fait sur plusieurs semaines. La force revient totalement en 1 à 2 mois. Pour éviter que le problème ne revienne, il est utile de suivre quelques conseils de prévention :
- Adapter les gestes au travail ou dans les loisirs.
- Faire des pauses régulières lors d’activités répétitives.
- Éviter de porter des charges lourdes avec le poignet en mauvaise position.
FAQ – Tendinite de Quervain
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur cette pathologie.
Combien de temps pour guérir d’une tendinite de De Quervain ?
Avec un traitement médical (repos, attelle, infiltration), la guérison prend généralement de 4 à 6 semaines. Si une chirurgie est nécessaire, la récupération complète prend environ 1 à 2 mois, même si on peut utiliser sa main pour les gestes simples bien avant.
Peut-on travailler avec une tendinite de Quervain ?
Cela dépend de la nature de votre travail. Si vous avez un travail de bureau, il est souvent possible de continuer avec une attelle et des aménagements. Pour un travail manuel lourd, un arrêt de travail de quelques semaines peut être nécessaire, surtout après une intervention chirurgicale. Pour les formes les plus invalidantes impactant l’activité professionnelle, la constitution d’un dossier MDPH peut être envisagée.
Comment dormir avec une tendinite au poignet ?
Le plus efficace est de porter l’orthèse d’immobilisation pendant la nuit. Elle maintient le poignet et le pouce dans une position neutre, ce qui évite les mouvements involontaires qui pourraient réveiller la douleur et favorise la mise au repos des tendons.
